Le 12 mars est la journée mondiale contre la censure sur Internet, une action créée en 2008 par Reporter sans Frontières afin de mobiliser le monde entier à soutenir un Internet libre et accessible à tous. Internet est devenu le moyen de communication le plus puissant au monde et par là-même le média le moins contrôlable! Bien qu’il semble évident d’imposer le principe de la liberté d’expression sur le web, les appels à la #CancelCulture de ces dernières années peuvent aussi nous inciter à la réflexion sur sa fragilité.

1. C’est quoi la liberté d’expression ? 

La liberté d’expression c’est être en mesure de dire publiquement ses opinions et ses idées sans être puni par son gouvernement. Il est donc permis de partager son avis politique ou de s’exprimer librement dans les médias sans réprimande. 

Au Canada, la liberté d’expression est protégée par la Charte canadienne des droits et libertés qui interdit un gouvernement de vous persécuter à cause de vos idées ou opinions.

Le Canada a également signé le Pacte international relatif aux droits civils et politiques adopté par l’Assemblée générale des Nations Unies le 16 décembre 1966 dont voici un extrait:

Nul ne peut être inquiété pour ses opinions. 

Toute personne a droit à la liberté d’expression ; ce droit comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce, sans considération de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou artistique, ou par tout autre moyen de son choix.

Article 19 du Pacte International relatif aux droits civils et politiques

Est-ce qu’on peut tout dire ? 

Non ! Il est par exemple interdit de conseiller quelqu’un de se suicider, d’encourager la haine et la violence contre une personne ou encore de nier l’Holocauste.

Propos diffamatoires

Des propos diffamatoires sont des communications publiques fausses qui ont pour seul objectif de nuire à la réputation d’une personne ou d’un groupe.. Celle-ci peut être verbale ou écrite et vous vise personnellement.

Donc à contrario, partager une information véridique ou faire des commentaires dans la sphère privée ne sont pas des comportement considérés comme de la diffamation.

Propos haineux

Des propos haineux sont des communications publiques qui appellent à la haine contre une personne ou un groupe identifiable. Il y a donc une action de nuire, un appel à la violence.

Il est important de préciser qu’ Internet et les réseaux sociaux sont des endroits considérés comme étant publics.

Le saviez-vous ? Un projet de loi contre le discours haineux sur internet est en cours d’étude par le gouvernement canadien, la loi C-36.
Les réseaux sociaux

On a pu également se rendre compte de la difficulté de certaines personnes à échanger dans le respect ou à accepter la critique, le débat, à faire preuve d’ouverture d’esprit sur les réseaux sociaux. Il faut savoir que d’après certaines études, l’écran peut occasionner une baisse d’empathie et de compassion puisqu’il nous éloigne physiquement de la personne à qui on s’adresse.

Les fausses nouvelles

Les réseaux sociaux sont également le lieu de propagation de #FakeNews, les fausses nouvelles. Il est devenu très facile aujourd’hui de falsifier une vidéo, de retoucher une photo et la véracité des informations partagées sur le web n’est pas toujours vérifiée. Durant une étude américaine, plus de 60% des participants avouent se fier aux informations partagées sur le web sans faire aucune vérification supplémentaire. 66 % des américains se tiennent informé de l’actualité par les réseaux sociaux.

Le saviez-vous ? Les fausses nouvelles voyagent 6 fois plus vite que les vraies !

2. C’est quoi la cybercensure ?

La censure est le fait de limiter de façon arbitraire la liberté d’expression. La censure ne date pas d’hier et trouve son origine à Rome en -443.

Pour l’anecdote, il existait même à cette époque un magistrat appelé le censeur qui était élu tous les cinq ans et dont le pouvoir était absolu! Le censeur était chargé de faire la surveillance des mœurs de la Rome antique et pouvait décider d’exclure des citoyens du sénat, de l’ordre des chevaliers, de sa propre tribu s’il jugeait qu’un citoyen était publiquement indigne, de par ses propos, ses actions, même si celui-ci n’avait pas enfreint de lois existantes!

La censure d’internet est appelée cybercensure et désigne donc une limitation d’accès aux informations disponibles sur le web, en général pratiqué par un gouvernement. 

Plus de 65 pays la pratiquent dans le monde et 13 pays seraient sur la liste des ennemis du web. Dans ces pays, se connecter à Internet rime avec des conditions de navigation très contraignantes voire des interdictions, il y a une surveillance accrue, des blocages de sites et même des arrestations.

3. C’est quoi le #CancelCulture ?

Les réseaux sociaux ont chamboulé notre vie et sont aujourd’hui le lieu de prédilection du wokisme.

La culture de l’annulation ou cancel culture a fait son apparition en 2015 en Amérique du Nord et consiste à dénoncer publiquement une personne, un groupe ou organisation pour des actes et/ou propos considérés comme inadmissibles. Décuplés par Internet, la culture de l’annulation appelle à expulser la personne de la communauté tant dans le cercle privé que professionnel. Les adeptes de ce comportement sont appelés  les ‘’woke’’ (éveillé en anglais) et sont des militants sensibles aux injustices sociales qui appellent à boycotter une marque ou une personnalité selon leurs faits et gestes. 

Le saviez-vous ? Certains influenceurs se servent d’un mouvement de #cancelculture pour aug-menter leur communauté sur les réseaux.
C’est quoi le rapport avec la censure ?

Plusieurs personnalités et experts ont dénoncé la culture de l’annulation craignant que cela n’entraîne un frein à la circulation des idées, que cela mène à de l’autocensure ou que cela réduise considérablement les débats.

‘’La cancel culture c’est un peu comme dire qu’une personne n’a plus le droit à l’erreur’’ explique Liz Plank dans une interview avec Urbania.

Citation de Voltaire

Conclusion

Vous l’aurez compris, le débat ne fait que commencer et un défi de taille attend les gouvernements et plateformes pour encadrer légalement Internet et ainsi aider à encadrer la désinformation et les commentaires haineux sans pour autant enfreindre la liberté d’expression.

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Laurie Michel

Laurie est conférencière, auteure du livre Moins d'écrans - Plus de moments présents et fondatrice de Vivala, entreprise spécialisée dans le bien-être numérique depuis 2019. Elle accompagne les organisations et individus à se sensibiliser à l'hyperconnectivité, la nomophobie et aux bénéfices de la déconnexion numérique.

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